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C'était
encore ma tendre époque d'adolescent, et je vivais alors mes premiers amours
d'adolescent. Ou peut-être devrais-je dire mon premier amour. Un amour bien
chaste, difficile de distinguer de la simple amitié. Je l'accompagnais chaque matin et chaque soir dans des allés retours entre notre pâté de maison et l’école. Notre intimité ne dépassait pas de chastes baisers sur les joues car mes rares tentatives d'allusions enflammées s'étaient heurtées à un silence glacial.
Nous nous cantonnions donc dans un bonheur un peu frustré qui
fait le désespoir du présent mais le charme des souvenirs.
Notre réserve n'était cependant pas la règle chez tous. Il y
avait notamment une jeune délurée, qui par ses manières attirait à elle une
foule d'admirateurs, à qui elle distribuait parcimonieusement ses faveurs.
Trop occupé par sa cours, elle m'ignora tout d'abord, jusqu'au
jour où, histoire de les faire enrager, elle me pria de la raccompagner.
Gêné, je me récusais, arguant que j'avais d'autres engagements,
alors elle se campa devant moi en disant: Tu ne vas tout de même pas me préférer
ce boudin? Alors je répliquais dignement: Mon amie n'a rien d'un boudin et je
lui Tournai le dos.- Elle
multiplia par la suite les provocations, et j'avoue que ses attentions m'émoustillaient
un peu, et je l’observais à la dérobée
pour découvrir les trésors de féminité que mon aimée me refusait.
Aussi lorsqu'elle renouvela sa proposition, alors que ma petite
amie était malade, je ne trouvais aucune raison de la lui refuser. Je
l'accompagnais donc bien que ce ne soit guère mon chemin, circonstance encore
aggravée d'une pause sous les arbres.
Tu n'as pas envie d'en profiter ? Tu peux toucher si tu veux,
dit-elle en déboutonnant son corsage. J'avance alors une main fébrile mais
encore malhabile. Aussitôt elle se colle à moi, posant ses lèvres sur les
miennes. Je l'enlace et bientôt mes mains parcourent son corps tandis que je
l'embrasse. Je dois être un tantinet trop pressant car la belle proteste. Le
flirt d'accord, tu peux me toucher tant que tu veux, mais pas question de faire
l'amour. Le
jour suivant voit ma pale étoile passée réapparaître rétablie. Mais avant
que j'ai eus le temps de la prévenir en douceur, ma nouvelle séductrice
m'enlace d'un mouvement propriétaire et m'embrasse à la vue de tous. Je crains
que ton ami ne puisse plus te raccompagner, il est tombé amoureux de moi, vous
pourrez bien sur rester amis. Malgré
ces paroles apaisantes la belle ne me lâche pas d'une semelle et semble se délecter
de l'embarras de sa rivale. Ce
n'est que beaucoup plus tard qu'il peut lui parler en privé. Son visage baigné
de larmes lui demande pourquoi, ce qu'elle a de plus qu'elle et il lui avoue, gêné
qu'il ne sait si elle a plus de charme, mais qu'elle en est beaucoup plus
prodigue et qu'il s'est laissé entraîné par une curiosité bien naturelle
chez les adolescents. Alors
elle ouvre son corsage et lui dit qu'il peut se servir, qu'elle avait toujours
voulu conserver la pureté de leurs relations, mais si c'était le seul moyen de
le conserver, elle se donnait à lui toute entière. Il découvre alors avec émotion
qu'elle est beaucoup plus femme que la jeune délurée qui l'a dévoyé. Emu
par cet abandon, il tente de la retenir, lui dit que lui non plus ne veut gâcher
leurs relations, que même celle qui l'a séduit ne lui en a pas offert autant.
Mais elle ne se laisse pas arrêter, et se colle à lui. Alors son étreinte qui
se voulait amicale et protectrice se mue en une passion qui les emporte tous les
deux.
De retour au lycée, c'est au tour de ma douce amie d'ironiser sur
l'amitié. L'autre en reste pale de rage et menace. Ayant goûté au fruit défendu
il ne pourra se contenter d'une saveur insipide. Comme elle n'est pas jalouse,
elle lui laisse les restes, mais le reprendra chaque fois qu'elle aura envie de
passer un moment agréable.
Effectivement, elle repart à la bataille, multipliant les
provocations. Dès qu'il se trouve seul quelque part, il la voit surgir de nulle
part à demi-nue. Là se caressant lascivement, ou bien se collant à lui, elle
lui promet des délices auprès desquels ses étreintes passées avec sa petite
oie blanche font figure de patronage.
Mais toujours amoureux il reste maître de lui, ce qui n'est pas
le cas de tous. Même les profs commencent à craquer. Ils la retiennent après
les cours pour la sermonner et ne font que bafouiller en reluquant sa minijupe. www.chez.com/desirstroubles et http://desirstroubles.multimania.com/ |